Histoire de la paroisse

L’église – le bâtiment

 

En forme de croix latine à trois nefs, l’église mesure 20m de hauteur, sous la grande nef, pour une superficie totale de 1150m2. Il n’y a pas d’ouverture sur les faces latérales en raison des immeubles voisins contigus, même si deux portes latérales étaient prévues vers le fond de la nef. C’est une combinaison des styles gothique et byzantin, avec un clocher (non terminé), une abside à fond plat et dépourvu de porche, en raison de la configuration du terrain. Le style byzantin apparaît en particulier dans l’étoile à huit branches qui constitue le sommet du chœur.

Le maître-autel est en marbre blanc, orné d’un bas-relief en métal doré représentant un agneau portant l’oriflamme et dont le sang coule dans un calice. On retrouve ce même agneau sur l’autel de la grande chapelle du séminaire Saint-Irénée. Un ciborium recouvrait autrefois le maître-autel.

A droite, se trouve la chapelle de la Vierge : sur le mur, un portrait en relief de l’abbé BRIDET, une plaque commémorative de l’abbé et une autre de la consécration de l’église.

A gauche, la chapelle est dédiée à Saint Joseph.

Au fond de l’église, à droite une statue de Saint Antoine de Padoue, à gauche les fonts baptismaux, une statue de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, une plaque du cinquantenaire et le mémorial des morts pour la France.

Le projet initial

Le quartier et la création de la paroisse du Très-Saint-Sacrement

 

Le quartier Sur la rive gauche du Rhône se trouvaient quelques buttes, des prairies, des marécages, des terres cultivées, des lônes, des bretteaux incultes appartenant à de nombreux et successifs propriétaires. Les explications du nom de « Part-Dieu » sont diverses : pour certains, le nom de « Part-Dieu » pourrait venir, soit de la ténacité avec laquelle les différents propriétaires ont arraché à l’emprise des eaux les terrains de la rive gauche du Rhône, soit du nom d’une terre appelée la « Pardeu » que possédait, à la fin du XIIème siècle, Guillaume de FUER. Pour d’autres, Catherine de SERVIENT, fille de Marc Antoine MAZENOD qui avait été sauvée lors d’une insurrection, légua son domaine de 140 hectares à l’Hôtel-Dieu, remercia le Seigneur et décida qu’il s’agissait de la Part de Dieu. La paroisse du Saint Sacrement Le 20 août 1874, Mgr GINOULHIAC écrit au Curé de l’Immaculée Conception pour l’informer de la création future d’une nouvelle paroisse, confiée à l’abbé Pierre BRIDET, dans le quartier de la Guillotière. Le quartier où devait s’élever cette église était misérable. D’innombrables taudis abritaient des ouvriers faméliques, au travail précaire où la religion et la morale manquaient complètement. L’abbé BRIDET choisit pour sa paroisse un vocable qui répondait à sa grande piété et à la dévotion qu’il avait toujours eue envers la Sainte Eucharistie. Il voulut que la paroisse, avec l’église qui en serait le centre, fût consacrée à la glorification du Très Saint-Sacrement de l’Autel. Il choisit donc et fit approuver par l’Archevêché le titre du TRES SAINT SACREMENT. La construction de l’église provisoire débute le 11 mars 1875 sur un terrain situé à l’angle des rues Boileau (André Philip) et des Moines (Etienne Dolet) acquis à la famille BIETRIX. La construction est en mâchefer : c’est une salle rectangulaire divisée en trois nefs par des piliers de bois qui deviendra la salle du cinéma ARC. L’inauguration a lieu le dimanche 3 octobre, jour de la fête du Rosaire par Monseigneur THIBAUDIER.

Ci-après des extraits des numéros de Juillet à Novembre 1925 du Messager de la Part-Dieu

bulletin paroissial ; copie dans le numéro du 7 Décembre 1925 du Nouveau Journal ; auteur : Abbé Antoine RAMBAUD, curé

La fondation (1875)

Au commencement de l’année 1875, un vicaire de Saint-Nizier, M. l’abbé Pierre Bridet, fut appelé à l’Archevêché par Mgr Ginoulhiac. Il s’agissait de fonder une nouvelle paroisse dans le quartier de la Guillotière, et le vicaire de Saint-Nizier avait été choisi pour cette œuvre. Ce quartier n’était pas inconnu à M. Bridet : car dix ans auparavant il l’avait souvent parcouru, étant vicaire à l’Immaculé Conception ; et la nouvelle paroisse était prise presque en entier sur le territoire de l’Immaculée-Conception. Elle se composait d’anciennes masures et de bâtiments en construction, de quelques rues, où les maisons commençaient à s’aligner ; et aussi de prés, de champs à moitié cultivés. Il y avait quelques propriétés appartenant à de bonnes familles lyonnaises : le château Saint-Amour, le clos de la famille Suiphon, et les propriétés de la famille Biétrix. Mais il y avait surtout d’immenses terrains vagues remplis de décombres. La paroisse devait compter de 10 à 11.000 habitants. Son territoire était borné : au nord par le cours Lafayette, qui la séparait de Saint-Pothin et de Saint-Joseph ; à l’est par le chemin de fer de Genève ; au sud, du côté de Saint-Louis par la rue Neuve-de-la-Villardière ; à l’ouest par la rue des Martyrs (aujourd’hui rue de Créqui), qui faisait la limite avec l’Immaculée-Conception.

Ce quartier, à l’époque, était assez mal habité, et avait mauvaise réputation. La population était en grande partie composée d’ouvriers nomades, venus de tous côtés, milieu où la religion et la morale manquaient complètement : plus de la moitié des unions étaient illégitimes, un grand nombre d’enfants n’étaient pas baptisés. Il y avait donc beaucoup de travail au point de vue religieux ; il y avait tout à faire, au point de vue matériel. C’était un champ immense à défricher !… Aussi le nouveau curé, en recevant cette nomination inattendue, fut-il saisi d’une grande appréhension : c’était un avenir de soucis, d’inquiétudes, de sacrifices, qui s’ouvrait devant lui. Mais il s’agissait de la gloire de Dieu et du salut des âmes : il accepta courageusement le fardeau. Il devait le porter, avec une énergie peu commune et une patience inlassable, pendant plus de 28 ans.

  1. l’abbé Bridet choisit dès lors pour sa paroisse un vocable qui répondait à sa grande piété, et à la dévotion qu’il avait toujours eue envers la Sainte Eucharistie. Il voulut que la paroisse, avec l’église qui en serait le centre, fût consacrée à la glorification du Très-Saint-Sacrement de l’Autel. Il choisit donc, et fit approuver par l’Archevêché, le titre de paroisse du Très-Saint-Sacrement.

Cependant, pour arriver à construire une église, et tous les bâtiments nécessaires à la vie paroissiale, il fallait des ressources considérables, et M. Bridet n’en avait aucune. Les habitants de la nouvelle paroisse, presque tous pauvres, ne pouvaient pas lui en fournir. Il fallut donc quêter ailleurs, et dans toute la ville. M. Bridet se mit bravement à l’œuvre, et commença dès lors cette vie de quêteur qu’il devait mener jusqu’à son dernier jour ; et qui est du reste celle d’un grand nombre de curés d’aujourd’hui !… Mais la Providence vint manifestement à son aide : il trouva dans toute la ville, et spécialement dans son ancienne paroisse de Saint-Nizier, des sympathies précieuses et des dons généreux, qui lui permirent de créer la nouvelle paroisse, de la développer et de la doter de tous les bâtiments (église, presbytère, écoles, patronages, etc.) nécessaires à sa vie.

Il fallait tout d’abord bâtir l’église : c’était le plus pressé ; et il fallait aller vite. L’emplacement en fut désigné d’un commun accord par les autorités ecclésiastiques et civiles, sur un terrain loué à la famille Biétrix, à l’angle de la rue Boileau et de la rue des Moines (rue Etienne-Dolet). Ce fut le 11 mars 1875 que commencèrent les travaux, et ils furent poussés activement. L’église fut construite en mâchefer, comme la plupart des maisons environnantes : aussi fût-elle connue longtemps sous le nom de « l’église en mâchefer ».

Cependant il n’y avait point de presbytère, ni rien qui puisse en tenir lieu. Le nouveau curé, avec les deux vicaires que l’Archevêché venait de lui donner : MM. Chouvellon et Vernay, dut chercher un asile provisoire. Il le trouva chez une bonne famille de la paroisse, la famille Virieux, qui demeurait rue Boileau 156 (*1), juste en face de l’église en construction et qui donna pendant plusieurs mois l’hospitalité au curé et à ses deux vicaires. Mme Virieux est morte récemment dans un âge avancé. Qu’il me soit permis ici d’offrir à ses deux fils, MM. Eléonor et Jean Virieux, qui étaient en 1875 les enfants de chœur de M. le Curé du Saint-Sacrement, et qui sont restés les amis et les bienfaiteurs de la paroisse, l’hommage de notre reconnaissance et de notre respectueux souvenir.

Les travaux se poursuivirent sans interruption pendant l’été 1875, et à la fin de Septembre, l’église était prête à être livrée au culte. Ce fut le Dimanche 3 Octobre, jour de la fête du Rosaire, qu’elle fut inaugurée solennellement, et bénite suivant la forme liturgique par Mgr Thibaudier, évêque auxiliaire de Lyon, au milieu d’un grand concours du peuple. Ensuite il procéda à l’installation officielle du nouveau curé. C’est donc de ce jour, 3 Octobre 1875, que date exactement la fondation de la paroisse du Saint-Sacrement.

L’acte d’installation de M. le curé Bridet est signé de MM. Berger curé de St-Nizier, Richoud curé de l’Immaculée-Conception, Coudour curé de St-Vincent, Viennois curé de St-Joseph ; et de MM : Pérouse, Virieux, Verjus, Luc-Pupart, Meunier, paroissiens.

Le soir, à vêpres, la paroisse fut consacrée au Sacré-Cœur ; et la première nuit fut passée en adoration par les membres de « l’Adoration nocturne » de St-Nizier.

La nouvelle paroisse était fondée. Il fallait à présent lui donner l’essor et développer en elle la vie chrétienne. M. le curé Bridet et ses deux vicaires s’y employèrent avec zèle.

NDLR :
(*1) Aujourd’hui, il s’agit de la rue André Philip.

Les temps anciens (1875 – 1895)

La nouvelle paroisse qui venait d’être ouverte et consacrée au T. Saint-Sacrement était, nous l’avons dit, bien peu chrétienne. La population, sans être hostile, était très indifférente aux choses religieuses. Il y avait donc beaucoup de travail pour le curé et ses vicaires ; ils s’y mirent résolument.

Pour faire pénétrer un peu de vie chrétienne dans ce milieu où il y en avait si peu, il fallait d’abord grouper les âmes pieuses qui s’y trouvaient à l’état isolé. M. le Curé fonda pour cela plusieurs congrégations, qui furent érigées canoniquement en Mars 1876 : entre autres les Mères chrétiennes, et les Enfants de Marie, puis la Confrérie du Saint-Sacrement pour les hommes.

En cette année 1876, la première année de la paroisse, la fête du Saint-Sacrement fut célébrée avec solennité, et les processions se déroulèrent pompeusement à travers les rues du quartier. Un reposoir monumental était élevé à la porte de la caserne de la Part-Dieu. Cette imposante cérémonie ne devait se renouveler qu’une fois : en 1877. A partir de cette époque, les processions furent interdites dans les rues, sur tout le territoire de la ville de Lyon.

Cependant, pour l’amélioration de la paroisse, une œuvre bien importante était l’éducation chrétienne de l’enfance. M. Bridet n’eut garde de l’oublier. Il songea donc tout d’abord à établir des écoles, où les nouvelles générations pourraient être formées à la vie chrétienne… Et cependant à cette époque, 1876, les écoles publiques n’étaient pas laïcisées, et dans toutes, les maîtres enseignaient le catéchisme et faisaient la prière… Heureux temps !… (*1)

Au 1er Octobre 1876, grâce aux libéralités d’un insigne bienfaiteur et de sa fille, on put ouvrir une école de garçons, qui fut placée sous la direction des Frères des écoles chrétiennes, et qui fut installée rue Sainte-Elisabeth (rue Garibaldi) 222 ; ainsi qu’une école de filles et un asile, confiés aux Sœurs Saint-Charles, rue Boileau 259.

Un an après (Octobre 1877) M. Bridet fonda un Externat de jeunes filles avec classe enfantine, rue Sainte-Elisabeth 218. Au bout de deux ans, (à la rentrée d’Octobre 1879) il était transféré rue Boileau 273, où il est encore aujourd’hui.

Entre temps, avaient été organisés une école d’adultes et un patronage pour les garçons.

Enfin, pour donner un plus vigoureux élan à la vie chrétienne, en cette année 1877, deux ans après la fondation de la paroisse, M. le Curé fit donner une mission, la première ! Elle fut prêchée par un P. Capucin : du 28 Octobre au 11 Novembre, deux semaines…

Depuis longtemps M. Bridet songeait aux moyens d’établir une école où il donnerait l’éducation sacerdotale à des enfants appartenant à des familles peu aisées, en même temps que la formation spéciale qu’il rêvait pour avoir des prêtres conformes à l’idéal très élevé qui était le sien. Après bien des réflexions, bien des hésitations, et bien des prières, il ouvrit son école apostolique, le 17 Avril 1880, avec 4 élèves de 6 à 8 ans. Elle serait ouverte légalement le 2 Octobre 1881 avec un professeur. L’école apostolique du Très-Saint-Sacrement a duré vingt-cinq ans, de 1880 à 1905, et a fourni au diocèse plusieurs bons prêtres. Trois ans et demi seulement après la première mission, les deux dernières semaines du Carême 1881 (27 Mars-11 Avril), M. le Curé en fut donner une seconde, prêchée par 3 Rédemptoristes.

Au mois de Juin de cette même année 1881 furent inaugurés les pèlerinages de la paroisse à Ars. M. Bridet avait toujours eu la dévotion des pèlerinages. Il organisa celui d’Ars ; et chaque année désormais, jusqu’à sa mort (1903), il emmena une élite de ses paroissiens prier dans l’église et sur le tombeau du saint curé. Ce fut aussi vers cette époque, exactement en 1883, que prirent naissance les grands pèlerinages diocésains à Lourdes, dont le Curé du Très-Saint-Sacrement fut l’organisateur, et pendant 20 ans le metteur en œuvre et le directeur infatigable. En souvenir de M. Bridet, la Direction diocésaine du pèlerinage veut bien admettre chaque année un vicaire du Saint-Sacrement parmi ses membres, et il est toujours accompagné d’un nombre important de personnes de la paroisse. La Sainte Vierge s’est toujours plue, et parfois par des grâces signalées, à bénir les pèlerins du Saint-Sacrement, en souvenir sans doute du vénéré fondateur.

Cependant le terrain ingrat de la nouvelle paroisse était peu à peu défriché, et commençait à porter des fruits, grâce au travail du courageux pasteur et de ses deux auxiliaires. L’abbé Vernay avait été remplacé en 1877 par M. Guinet, qui devait rester pendant 20 ans vicaire au Saint-Sacrement, et qui y a laissé une grande réputation d’indulgence et de paternelle bonté. Mais il parut à l’autorité ecclésiastique qu’il était devenu nécessaire de donner à M. Bridet un 3e vicaire et en Octobre 1882, ce 3e vicaire fut nommé en la personne de M. l’abbé Genevet, nouveau prêtre. M. Genevet ne devait rester qu’un an au Saint-Sacrement (1882-1883) mais cela suffisait à l’œuvre que la Providence s’était visiblement proposée en l’envoyant dans la nouvelle paroisse. Son père, agent de change distingué de notre ville s’intéressa vivement à cette paroisse pauvre où son fils exerçait son premier ministère, et en devint l’un des insignes bienfaiteurs. Son portrait, peint à l’église dans le grand vitrail de droite, perpétuera à jamais la générosité et la piété de cet homme de bien. Quant à l’abbé Genevet, au bout d’un an l’œuvre providentielle pour laquelle il avait, à son insu, été envoyé au Saint-Sacrement étant achevée, il quitta la paroisse pour entrer à l’école Ozanam, fondée récemment, et dont il fut le supérieur pendant de longues années.

En 1883, l’Asile paroissial fut séparé de l’école des sœurs, et installé dans un nouveau bâtiment rue des Moines (rue Etienne-Dolet) 17, où il demeura jusqu’à sa suppression au début de la grande guerre (Août 1914). (*2)

A l’abbé Genevet avait succédé l’abbé Versanne. Il fut chargé du patronage des garçons, jusque là installé dans les salles d’un bâtiment rue des Moines 15. Cette œuvre devint bientôt très prospère. Aussi il fallut lui trouver des locaux plus vastes. En 1888, M. le Curé loua un terrain à proximité de l’église, rue des Moines 33 (*3), et y fit bâtir une salle haute et spacieuse, pour les réunions du patronage et de la paroisse. De grandes cours permettaient aux petits d’y prendre leurs ébats, tandis que les jeunes gens et les hommes pouvaient s’y livrer au jeu de boules… L’abbé Versanne se donna à cette œuvre avec tant d’ardeur, que sa santé s’altéra profondément : il mourut à la cure le 4 mars 1889. Il fut remplacé par l’abbé Souvras.

Le premier vicaire de M. Bridet, le contemporain de la fondation de la paroisse, M. Chouvellon, avait été nommé en 1886 curé de Grandris. Il y passa 38 ans, et y mourut seulement en Août 1924. L’abbé Grange, qui lui succéda, resta 4 ans au Saint-Sacrement (1886-1890), et fut remplacé par l’abbé Valla.

Pour Pâques 1891, une mission fut donnée à la paroisse : c’était la 3e.

Elle fut prêchée par le P. Tissot, supérieur des missionnaires de Saint-François de Sales d’Annecy, et deux de ses confrères.

Ce fut aussi à cette époque (1891) que l’Œuvre des Cercles catholiques demanda à tenir sa réunion annuelle du Dimanche de Lœtare au Saint-Sacrement : la messe solennelle à l’église, et le banquet dans la salle du patronage. Ce devint une tradition, et elle dura 22 ans : jusqu’en 1913. Reprise une fois en 1920, la réunion des Cercles cessa dès lors définitivement de se tenir à la paroisse.

En 1892, il y eut deux changements de vicaires : l’abbé Souvras fut remplacé par l’abbé Gachon, et l’abbé Valla par l’abbé Colin. Celui-ci, excellent musicien, donna tous ses soins au chant d’église ; et c’est grâce à son initiative et sous sa direction que furent joués pour la première fois au Saint-Sacrement les « Mystères de Noël » qui devaient plus tard devenir une tradition de la paroisse. M. Colin aborda même « la Passion », qui obtint un légitime succès…

Au bout de vingt ans d’existence, la paroisse du Très-Saint-Sacrement était bien organisée, et le quartier s’était beaucoup amélioré au point de vue moral et religieux. Le vénérable archevêque de Lyon, Mgr Coullié, vint le 10 mars 1895 constater ces progrès et bénir le digne pasteur et ses dévoués vicaires.

C’était, pour la paroisse, la fin de la période de formation, et le commencement d’une ère nouvelle…

En cette année 1895, M. Colin fut nommé à Saint-Denis de la Croix-Rousse, et remplacé par M. Charrondière. Il y avait donc alors auprès de M. Bridet, comme auxiliaires : le bon M. Guinet, vicaire au Saint-Sacrement depuis 18 ans, MM. Gachon et Charrondière.

NDLR :
(*1) Le texte de l’abbé Antoine RAMBAUD date de tout juste vingt ans après la loi de Séparations des Eglises et de l’Etat (1905). La nostalgie était encore très forte.
(*2) Au numéro 19, on trouve aujourd’hui un restaurant des services sociaux de la Ville.
(*3) Ce numéro a disparu avec le tronçon de rue attenant lors de la construction des bâtiments liés à la COmmunauté URbaine de LYon, connue aujourd’hui sous le nom de « GRAND LYON ».

Le « Moyen-Âge » (1895 – 1909)

Depuis fort longtemps, M. Bridet songeait à entreprendre la construction de l’église paroissiale, dont le bâtiment en mâchefer de la rue Boileau tenait provisoirement la place. L’église de ses rêves serait un monument splendide, élevé à la gloire du Dieu de l’Eucharistie, et qui durerait des siècles ! -Mais c’était là une œuvre écrasante, qui demanderait des ressources considérables, ajoutées au budget énorme qui était nécessaire à la vie journalière de la paroisse et de ses œuvres… Comment faire ?… Il fallait une dose d’énergie et de confiance en Dieu peu commune, pour se lancer dans une semblable entreprise. Le saint curé, après des hésitations bien compréhensibles, prit le parti de la confiance en Dieu…

En 1892, il avait essayé de lancer une souscription dans toute la France à cet effet : elle n’avait pas réussi !… Il pria et fit prier beaucoup ; et après quelques années, il recommença : mais sans beaucoup de succès. La Providence voulait lui venir en aide autrement.

Outre le manque de ressources, il y avait une autre et très grosse difficulté : où trouver un terrain pour bâtir l’église ?… Depuis vingt ans on avait beaucoup construit dans le quartier, et il ne restait guère d’emplacement libre. Il y avait bien encore quelques terrains vagues, à l’extrémité sud de la paroisse, du côté des jardins de Champfleuri ! (*1) Mais il faut convenir que cet emplacement, situé tout à fait aux confins du quartier, n’était guère propice à l’établissement d’une église, qui doit s’élever au centre et comme au cœur de la paroisse sans quoi une bonne partie des paroissiens s’en vont ailleurs et échappent à son influence !… Mais malheureusement M. Bridet n’avait pas le choix. Il engagea donc des pourparlers, et en 1897 il acheta le terrain. Or il arriva que sur ces entrefaites, la ville décida l’achat de ce même terrain pour en faire une place vaste et spacieuse (aujourd’hui la place Garibaldi). (*2) Cette fois, les plans de M. le Curé paraissaient bien bouleversés, et toutes ses espérances détruites. Il semblait que tout fût perdu, et qu’il fallût renoncer, pour le moment du moins, à la construction de l’église… C’était au contraire la Providence qui agissait, et qui, à l’insu de tous, conduisait les événements. M. Bridet dut rendre à la ville le terrain qu’il venait d’acheter, et il le vendit un bon prix. Or à ce moment même on lui offrit spontanément un terrain qu’il avait souvent convoité, mais qu’on avait toujours refusé de lui vendre : rue des Moines, tout près de la rue Boileau. Les pourparlers commencèrent immédiatement, et en Octobre 1898 le terrain était acheté. Malheureusement, M. Bridet ne put pas acquérir le tènement complet comme il l’aurait désiré : le propriétaire conserva jalousement un grand morceau de terrain à l’angle et le long de la rue Boileau : ce qui nuisait considérablement à la construction et à la situation de l’église. Néanmoins c’était déjà un beau résultat, et les travaux commencèrent dès le printemps. Le 20 mars 1899 le premier coup de pioche était donné dans les fondations, et le 14 mai la 1re pierre était posée solennellement par le Cardinal Coullié, au milieu d’un grand concours de peuple. Ce fut une des belles journées de la paroisse. Les travaux, conduits par M. Sainte Marie Perrin, architecte de Fourvière, et surveillés avec amour par M. Bridet, furent poussés activement. Le vénéré fondateur aurait voulu que la nouvelle église, dédiée au Très Saint-Sacrement, fût inaugurée et livrée au culte en la 1re année du nouveau siècle : et il avait fixé au 8 décembre 1901 le jour si solennel et si désiré où le Saint-Sacrifice de la Messe serait offert pour la 1re fois dans son église. Mais malheureusement la construction subit des retards, comme cela arrive presque toujours !… et M. Bridet n’eut pas la consolation de voir en ce monde l’achèvement de sa chère église…

En attendant, il fallait, pour accomplir une œuvre de cette importance, des ressources considérables : la Providence intervint, souvent d’une manière frappante, et peu à peu les travaux avançaient, et les blancs murs de la nouvelle église montèrent bientôt vers le ciel…

Cependant le bon M. Guinet, atteint d’une grave infirmité des yeux, avait dû quitter la paroisse qu’il aimait tant, et où il avait exercé le ministère pendant 20 années. Il avait été remplacé par M. Poizat, qui resta 3 ans (1897-1900). Après lui vint M. Bousquet, qui ne demeura que 2 ans (1900-1902).

Cette même année 1902, M. Gachon était nommé aumônier à l’Hôtel-Dieu, après un séjour de 10 ans au Saint-Sacrement. Il y eut donc en 1902 deux changements. Les deux nouveaux vicaires furent les deux premiers enfants de l’Ecole apostolique : MM. Berthoud et Lacques, qui avaient passé presque toute leur vie au Saint-Sacrement, et y remplissaient depuis leur prêtrise les fonctions de professeurs. M. Bridet voyait avec bonheur son travail porter des fruits, et ses deux premiers élèves devenir ses dévoués collaborateurs.

On était alors en 1902. En cette triste année, le vent de la persécution soufflait sur l’Eglise de France. Les Congrégations enseignantes étaient chassées et leurs écoles brutalement fermées. En juillet, les Sœurs Saint-Charles, qui dirigeaient l’école des filles et l’asile, furent expulsées de leurs maisons, et M. le Curé dut songer à reconstituer ses écoles avec un nouveau personnel…

Cependant le vénéré pasteur avait plus de 70 ans, et sa robuste santé était bien ébranlée. Il avait eu plusieurs congestions assez sérieuses, et depuis quelques années, il était obligé de se soigner. Néanmoins l’année 1903 le vit déployer la même activité : constitution des écoles, construction de l’église, (qui commençait à être couverte), pèlerinages à Ars et à Lourdes remplirent la première partie de l’année. En Août 1903, il faisait une récapitulation générale des dépenses et des recettes de la nouvelle église, et remerciait Dieu des grâces reçues pour cette œuvre, et des résultats déjà obtenus.

Or, le samedi 5 septembre, à 6 h. du matin sa fidèle domestique, venant prendre de ses nouvelles, trouva M. le Curé mort dans son lit : il avait succombé à une congestion. Le vaillant ouvrier était mort à la tâche : il n’avait pas connu de repos sur la terre…

La mort de M. Bridet fut un deuil général pour la paroisse, et… excita une émotion profonde… On se demandait avec inquiétude à qui serait confiée la charge redoutable de continuer l’œuvre du vaillant fondateur de la paroisse ? Qui serait assez fort pour supporter ce fardeau ?… Quel serait le successeur de M. Bridet ? le second curé du Très Saint-Sacrement ? Le Cardinal Coullié voulut promptement assurer l’avenir de la paroisse, en donnant un digne successeur au vénéré fondateur. Il le désigna dans la personne de M. le chanoine Vignon, curé de Brignais, qui avait été longtemps secrétaire particulier du vénérable archevêque. M. Vignon fut installé le 11 octobre 1903.

La succession de M. Bridet était lourde à tous les points de vue. M. Vignon l’accepta avec courage, et se montra à la hauteur de la tâche. Les œuvres prirent un nouvel essor. Les travaux de la nouvelle église furent poussés activement ; si bien qu’elle put bientôt être ouverte au culte. Ce fut le dimanche 2 avril 1905, trente ans après la fondation de la paroisse, qu’elle fut solennellement inaugurée, et consacrée suivant les formes liturgiques, par le Cardinal Coullié, en présence d’une grande foule de fidèles. Ce fut une grande fête pour la paroisse, et le bon M. Bridet dut se réjouir du haut du ciel !…

  1. Vignon continua sans interruption la construction intérieure et l’embellissement de l’église. Il l’orna du majestueux ciborium qui surmonte le maître-autel, et fit placer les lustres et tout l’éclairage électrique. Plus tard, il y ajouterait la chapelle de la Sainte Vierge, et les 3 grands vitraux artistiques.

Cependant en 1904, les Frères à leur tour durent prendre le chemin de l’exil, et il fallut reconstituer l’école des garçons avec un personnel laïque. C’était un surcroît de difficultés, et aussi de dépenses !… En 1895 M. Bridet, dans un rapport au Comité des Ecoles catholiques de la ville de Lyon, exposait que ses écoles lui coûtaient annuellement 12.000 fr. et se plaignait de ce que le Comité lui donnât seulement de 3.000 à 4.000 fr… Que dirait-il aujourd’hui ?…

D’autre part l’Ecole Apostolique, qui était devenue un fardeau bien lourd pour le Curé du Saint-Sacrement, et qui du reste donnait de moins bons résultats que dans les premiers temps, fut supprimée vers cette époque.

La nouvelle église était donc devenue, depuis le 2 avril 1905, le centre de la vie paroissiale. Que deviendrait le bâtiment en mâchefer, qui avait servi d’église pendant 30 ans ? M. Vignon songea à l’utiliser comme salle d’œuvres et de réunions. La construction fut réduite de moitié ; et le reste de l’emplacement qu’elle occupait, ainsi que les bâtiments de l’Ecole Apostolique, désormais sans objet, devint la cour de récréation de l’école des garçons et du patronage.

L’année 1906 vit naître le patronage des petites filles. Il y avait déjà depuis assez longtemps un ouvroir du jeudi, où des personnes dévouées donnaient aux fillettes des leçons de couture. On lui adjoignit un patronage pour le dimanche. Il se réunit dans les locaux de l’Ecole maternelle, rue Etienne Dolet, 17.

Au mois de novembre 1906, M. Vignon fit donner une mission. Il n’y en avait pas eu depuis 1891. Celle-ci fut prêchée par deux missionnaires des Chartreux : les PP. Canard et Prud’hon.

Vers cette époque, M. l’abbé Lacques, très fatigué, dut prendre du repos, et fut remplacé par M. Ducroux, professeur à l’Ecole Apostolique, dont il avait été un des premiers élèves, et qui venait d’être supprimée. De son côté M. Charrondière, après 11 ans de vicariat au Saint-Sacrement, était nommé curé à Saint-Haon (Loire), et était remplacé par M. Bacheré, attaché jusqu’alors à l’œuvre de l’abbé Boisard.

L’année 1907 vit naître le « Messager de la Part-Dieu », bulletin de la paroisse du Saint-Sacrement. Dans les dernières années de M. Bridet, il y avait déjà eu un petit bulletin paroissial, de petit format et d’un tirage très restreint. Le « Messager de la Part-Dieu » prit plus d’extension ; et depuis 1907, il n’a jamais cessé de paraître régulièrement tous les mois, pas même aux plus mauvais jours de la guerre ! et d’intéresser ses nombreux lecteurs…

En 1908, grâce à l’initiative de M. Ducroux, était fondée une Société de gymnastique pour les jeunes gens : on lui donna le nom significatif de l’ « Elan ». La même année, était organisée une Colonie de vacances pour les petits garçons à Saint-Jean-Soleymieu (Loire), et une autre pour les petites filles, dont la dévouée directrice faisait tous les frais.

Le 1er dimanche d’octobre 1908, la chapelle de la Sainte Vierge, avec son bel autel et les statues dont il est orné, était solennellement inaugurée et bénite par Mgr Déchelette, auxiliaire du Cardinal Coullié. A cette occasion la paroisse était de nouveau consacrée à Marie Immaculée, en ce 33e anniversaire de sa fondation.

  1. le chanoine Vignon était au Saint-Sacrement depuis 5 ans, et dans ces 5 années il avait déjà fait beaucoup de choses et réalisé beaucoup de bien. Le moment était venu où il serait appelé à d’autres fonctions. Le 11 février 1909, il était nommé curé-archiprêtre d’Ainay.

A ce moment étaient vicaires au Saint-Sacrement : MM. Berthoud, Ducroux et Bacheré.

Le 24 mars, M. l’abbé Rambaud, vicaire à Saint-Pothin, devenait le 3e curé du Très Saint-Sacrement.
NDLR :
(*1) Le nom de Danton a pris la place des appellations Champfleuri, depuis.
(*2) Aujourd’hui, il s’agit de la place des Martyrs de la Résistance.
 

Les temps modernes (1909 – 1925)

Le 24 mars 1909, M. l’abbé Rambaud, vicaire à Saint-Pothin, devenait le 3e curé du Très Saint-Sacrement.

Il fut installé solennellement le jour de Pâques 11 avril. La paroisse était alors en pleine vie ; le nouveau curé n’avait qu’à continuer l’œuvre de ses prédécesseurs.

Cette même année 1909 en octobre, M. l’abbé Ducroux, l’un des premiers élèves de l’Ecole Apostolique de M. Bridet, et vicaire au Saint-Sacrement depuis 1902, fut nommé vicaire à Ainay, où l’attirait son ancien curé, M. l’Archiprêtre Vignon. Malheureusement la santé de M. Ducroux, toujours assez délicate, donna bientôt de sérieuses inquiétudes ; et malgré les soins empressés et intelligents qui lui furent prodigués, la maladie faisait des progrès constants, et l’excellent vicaire qu’était M. Ducroux devait mourir en septembre 1913, à la Maison de Saint-Camille, au Point-du-jour, âgé seulement de 40 ans.

Il fut remplacé au Saint-Sacrement par M. l’abbé Deyrieux, professeur au collège de Roanne, fin lettré et poète délicat. Il avait composé un beau drame en vers à Jeanne d’Arc, qui fut joué à la paroisse, dans 3 séances mémorables, en octobre 1910. Mais M. Deyrieux, d’une santé peu robuste lui aussi, dut quitter le ministère de la ville, en septembre 1911, au bout de 2 ans seulement, pour aller se refaire à l’air pur de la campagne, à Saint-Genis-Laval. Il fut remplacé au Saint-Sacrement par M. l’abbé Valarin.

Les années 1910 et 1911 furent marquées, au point de vue de l’embellissement de l’église, par la pose des 2 grands vitraux de droite et de gauche, commandés déjà par M. Vignon.

Cependant M. Berthoud, seul des enfants de M. Bridet resté encore à la paroisse, arrivait à l’âge où il devait être curé. Il fut nommé, en mars 1913, curé à Propières (Rhône), et remplacé par M. l’abbé Paul Arthaud.

En cette même année 1913, un don important permit à M. le Curé de réaliser un projet qu’il avait depuis longtemps : celui de doter l’église d’un orgue, presque indispensable à ce moment de la vie de la paroisse, où les chants d’église, grâce au zèle et au talent des différents vicaires qui s’étaient succédés, avaient pris une très belle extension et acquis une grande importance. Les travaux pour l’aménagement de l’orgue dans le clocher occupèrent l’été et l’automne de 1913. La pose de l’instrument se fit pendant les mois d’hiver ; et l’inauguration solennelle en fut faite le dimanche 8 mars 1914. S. E. le Cardinal Sevin, archevêque de Lyon, vint à cette occasion, pour la première fois, visiter le Saint-Sacrement.

Le jour de l’inauguration des orgues fut encore une des grandes journées de la paroisse.

En ce même mois de mars 1914 fut donnée une grande mission de 4 semaines : les prédicateurs furent MM. Vernet et Huguet, deux missionnaires originaux, mais plein d’entrain et de zèle. Pendant les 4 semaines, la vaste église fut remplie tous les soirs d’une foule recueille et attentive ; et les Pâques furent très belles.

Ainsi en ce printemps 1914 et au lendemain de la mission, tout semblait prospérer dans la paroisse. Les œuvres étaient florissantes. L’école des garçons, avec 4 classes, comptait environ 140 élèves, l’école des filles 120, l’externat en avait 65, et l’école maternelle près de 80 : en tout plus de 400 élèves dans les 4 établissements. Il y avait des patronages, avec colonies de vacances, pour les garçons et pour les filles. Il y avait gymnastique, cercle d’études, etc. Et pour les hommes, M. le Curé avait loué un vaste local, avec de beaux ombrages et jeux de boules, dans l’enclos de l’Œuvre militaire. La mission avait réveillé le zèle. Les cérémonies, avec le magnifique instrument dont l’église venait d’être dotée, étaient devenue très belles, et commençaient à être bien suivies. Tout semblait présager à la paroisse un bel avenir… C’était le printemps, un beau printemps : le soleil brillait, le ciel était pur, la moisson s’annonçait abondante… Hélas ! l’orage n’était pas loin.

L’orage éclata à la fin de juillet 1914, inattendu et terrible. Le premier coup de tonnerre fut la mobilisation et la déclaration de guerre (1-2 août). Le 3 août, l’abbé Valarin partait comme infirmier à Moulins. Puis, les jours suivants, les jeunes gens et les hommes de la paroisse partirent les uns après les autres… Alors ce furent les terribles jours d’angoisse et de tristesse de ce mois d’août 1914 : l’incertitude, puis les mauvaises nouvelles arrivant coup sur coup, l’effarement, la consternation du public…, les frayeurs et les exagérations… ; puis les premiers morts de la paroisse : Léon Argentier, tué le 10 août, et Louis Deschamps le 13 ; … puis la guerre se fixant dans les tranchées, et la perspective de sa durée indéfinie… !

Naturellement la plupart des œuvres paroissiales étaient désorganisées. La grande salle était réquisitionnée comme magasin militaire. L’école maternelle était supprimée par mesure d’économie. Les 3 autres écoles rentrèrent comme d’habitude.

  1. l’abbé Arthaud, mobilisé, partit le 18 février 1915. Puis le lundi de Pâques, 5 avril, ce fut le tour du dernier vicaire restant, M. Bacheré, envoyé à Albertville comme infirmier. M. le Curé resta donc seul. Heureusement la Providence lui envoya un auxiliaire dans la personne de M. l’abbé Fiot, vicaire de Feurs, mobilisé à Lyon. Il resta un an, logeant à la paroisse, et y remplissant, à ses moments libres, toutes les fonctions d’un excellent vicaire. Au bout d’un an il fut envoyé au front, où il devait, hélas ! être tué au mois d’août 1918… Quant à M. Bacheré, il put au bout de 5 mois revenir à Lyon comme infirmier à l’hôpital Haour, et reprendre au moins en partie ses fonctions de vicaire au Saint-Sacrement. D’autre part M. Berthoud, curé de Propières depuis 3 ans, mobilisé à Lyon, revint à la paroisse, et y passa encore 2 années (1916-1918). Enfin deux prêtres corses mobilisés à Bron, MM. Marchetti et Patriarche, s’attachèrent au Saint-Sacrement, et y rendirent de précieux services.

Cependant la guerre se prolongeait indéfiniment : beaucoup d’hommes et de jeunes gens de la paroisse étaient tombés sur les champs de bataille, et parmi eux 17 membres du Cercle… On arriva à l’été 1918. Alors il y eut un vent d’espérance, et on comprit bientôt que la guerre allait se terminer à notre avantage… Ce fut le mois de novembre 1918, l’armistice, l’explosion de joie, le délire patriotique des premiers jours !… Puis peu à peu la démobilisation fonctionna : les uns après les autres, les survivants rentrèrent dans leurs foyers. M. l’abbé Valarin revint le 18 février 1919, M. Arthaud en avril. En même temps la grande salle était évacuée par la troupe, et les œuvres paroissiales purent renaître. Ce fut en effet une renaissance, une résurrection après la tempête.

La colonie de vacances à Saint-Jean-Soleymieu, abandonnée depuis 1914, reprit en 1919. Celle des filles, grâce au zèle de la directrice, n’avait jamais cessé de fonctionner. Le patronage des garçons, sous la direction de M. Arthaud, fut divisé en 2 sections : celle des grands, appelée Cercle, fut installée dans les salles du 1er du bâtiment situé à côté de l’église : celles-là même qui servaient au patronage 32 ans auparavant !…

Cependant il n’y avait pas eu de changement de vicaires pendant la guerre. Le moment était venu pour plusieurs d’être appelés à d’autres fonctions. En août 1920, M. Bacheré fut nommé curé de Saint-Camille, à Vaise, et remplacé par M. l’abbé Commarmond, nouveau prêtre.

En 1921, M. Valarin était curé de Saint-Haon (Loire), et remplacé par M. Pralas. Enfin en 1922, M. Arthaud, très fatigué à la suite de la guerre, fut envoyé comme curé à Saint-André-la-Côte (Rhône). Il fut remplacé par M. l’abbé Chomier, nouveau prêtre.

-M. Pralas, bon musicien et organisateur, fit jouer à la paroisse les « Mystères de Noël », qui avait déjà été donnés à plusieurs reprises ; mais cette fois, ils reçurent une exécution particulièrement soignée et brillante, et ils devinrent une tradition du Saint-Sacrement.

Vers la même époque (octobre 1922) les religieuses Auxiliatrices du Purgatoire furent appelées à la paroisse pour s’occuper des diverses Œuvres de petites filles (patronage, ouvroir, catéchismes). M. le Curé fit aménager l’ancien Asile pour abriter ces œuvres.

En novembre 1923, une souscription populaire, ouverte dans la paroisse, permit d’ériger dans l’église de belles plaques en marbre portant les noms des paroissiens morts à la guerre. 152 noms figurent sur ces plaques.

L’année 1924 fut marquée d’abord par la constitution, bien nécessaire, d’une Société immobilière pour la propriété des immeubles paroissiaux ; ensuite par une grande mission de 4 semaines, prêchée par 3 PP. Capucins. Elle se termina le jour de Pâques 20 avril, et donna de très bons résultats : notamment la fondation d’un double tiers-ordre paroissial : un pour les hommes et un pour les femmes. Peu après M. l’abbé Pralas était nommé vicaire à Ainay, et remplacé par M. Garnier.

Nous arrivons ainsi à l’année précédente, l’année du Cinquantenaire de la paroisse : 1925. En repassant l’histoire de ces 50 ans d’existence, et surtout de vie et d’action, nous nous sentons pressés d’abord de remercier Dieu pour tant de grâces accordés à la paroisse du T. S. Sacrement pendant ces 50 années passées, et ensuite de lui en demander de nouvelles pour les années à venir.

Le Chemin de Croix

 

Signé DUTRUC et réalisé en plâtre-stuc, il a été inauguré le 7 avril 1905. Institution : Nous, Pierre-Hector COULLIE, par la miséricorde divine et l’autorité du Saint-Siège Apostolique, Cardinal-Prêtre de la sainte Eglise romaine, du titre de la Trinité-des-Monts, Archevêque de Lyon et de Vienne, Primat des Gaules, etc. Vu la requête de M. le curé du St Sacrement tendant à obtenir l’érection d’un Chemin de la Croix dans l’église de la paroisse En vertu des pouvoirs que Sa Sainteté a daigné nous adresser le 14 février 1894 ; INSTITUONS dans la dite église le dit Chemin de la Croix, avec toutes les Indulgences que les Souverains Pontifes y ont attachées, et Nous déléguons M. Vignon, curé de la paroisse. Donné à Lyon, le 4 avril 1905 + Pierre Card. Coullié, arch. de Lyon et de Vienne

La Table de Communion

Le 30 mars 1930, une cérémonie a été organisée pour l’inauguration et la bénédiction de la nouvelle table de communion. Elle est une œuvre d’art fort importante, due à la collaboration de deux artistes lyonnais Grand Prix de Rome, l’architecte Robert Giroud et le sculpteur Louis Bertola. Elle figure un soleil en son centre qui rayonne sur toute la largeur de la table. Les rayons sont entremêlés d’étoiles, de petits chérubins et de jours. Supprimées dans les années 1970, les portes, magnifiques ouvrages de métal, ont été retrouvées, restaurées et remises en place à la rentrée 2009, afin de reconstituer l’œuvre telle qu’elle a été pensée.

Les Vitraux

 

Description générale Le chanoine BRIDET, en donnant à l’église qu’il fondait le titre d’église du Saint Sacrement, disait que sa volonté était de glorifier la Sainte Eucharistie. La divine Eucharistie apparaît sous trois aspects différents : – La Présence Réelle, – Le Sacrifice, – La Communion. Les trois vitraux du transept et de l’abside, dessinés par Georges Décôte, sont consacrés à ces trois aspects de l’Eucharistie : – Le premier présente aux regards des fidèles l’Hostie adorée (transept de l’Epître), – Le second, l’Hostie offerte à Dieu ou le Saint Sacrifice de la Messe (fond du chœur), – Le troisième, l’Hostie donnée aux fidèles dans la Sainte Communion (transept de l’Evangile). Chacune de ces verrières est divisée en trois par les piliers qui soutiennent l’ensemble. Chacun de ces pans est surmonté d’une petite rose, et une rose plus grande encore domine chacun des trois vitraux. Il existe trois autres vitraux : ceux des chapelles de part et d’autre de l’abside et la rose qui domine l’entrée de la nef.

Les vitraux de l’Eucharistie

Vitrail du Sacrifice : (abside)

La verrière centrale représentant le Sacrifice a été posée en 1908. A cette occasion, M. Louis Jean SAINTE-MARIE PERRIN, architecte de l’église, a publié l’article suivant, paru dans la Semaine Religieuse du 27 mars 1908. « De pieuses libéralités ont doté l’église du Saint Sacrement d’une verrière admirable, qui apporte au nouvel édifice derrière l’autel majeur, l’éclat d’une splendide coloration. Sur le champ d’un bleu profond que raient des nuages d’or et de pourpre, deux scènes se dessinent : une scène céleste, une scène terrestre. Dans le haut (*1), un majestueux Père éternel bénit ; le Saint Esprit, sous la forme d’une blanche colombe, envoie des rayons lumineux. Une légion d’anges aux tons très doux se pressent, attentifs. En dessous de ce prélude, au centre de la composition, un Christ colossal est cloué sur la Croix. Le corps blême du divin Crucifié se détache dans un nimbe émaillé de mille couleurs brillantes, sur un fond violet des plus intenses. Des cinq plaies s’écoulent cinq sources opulentes du Précieux Sang que des anges éplorés recueillent dans des coupes d’or. A droite du Christ, la Sainte Vierge, Saint Jean, Saint Longin ; à gauche, Sainte Marie-Madeleine, Saint François d’Assise, la Bienheureuse Marguerite-Marie assistent au drame sanglant et en partagent la passion. Leurs regards, leurs attitudes, leurs gestes, le disent éloquemment. Les anges des cinq plaies, d’un dessin exquis, apportent au Christ l’hommage d’une profonde douleur. Celui qui recueille le sang du Sacré-Cœur se voile la face ; il ne peut soutenir le feu de la blessure. L’azur constellé de leurs ailes ajoute un éclat à l’éclat des nuages enflammés sur lesquels s’assoit la scène céleste. Dans le bas, le centre de la scène terrestre est un autel et devant l’autel, le prêtre agenouillé élève le calice qui va s’emplir du sang répandu. La chasuble, d’un drap d’or très souple, met une tache heureuse et brillante dans ce milieu du sujet inférieur. Une foule impressionnée entoure l’autel, les yeux fixés avec ardeur sur la Croix. Toutes les têtes sont expressives, fortement accentuées, déterminées comme des portraits. C’est la foule ouvrière du quartier : ouvriers maçons, ouvriers terrassiers, ouvriers de la soie, ouvriers de la pierre, petits enfants de l’école primaire, de la salle d’asile ; modestes ménagères ; c’est enfin, pieusement mêlée au peuple, la richesse bienfaisante. Sans rompre l’unité de la composition, cette dualité des scènes lui donne une harmonieuse diversité. C’est l’union, dans un seul concert, de la terre et du ciel. Telles, à Rome, la mosaïque fameuse de Sainte Rudentienne, et la Dispute du Saint Sacrement. Dans ces chefs-d’œuvre de l’art chrétien que sépare un espace de onze siècles, nous retrouvons cette donnée, cette concordance de deux scènes dans un seul sujet. Mais nous ne pouvons, dans une description écrite, donner une idée de la magnificence de cet ouvrage. C’est une harmonieuse symphonie de tons ardents, c’est une glorification en traits de feu du drame sanglant du Calvaire. Les yeux y trouvent l’éblouissement décoratif le plus puissant, et le cœur, l’émotion religieuse la plus profonde. Cette belle page est due au talent de M. Georges Décôte, qui a déjà composé pour Fourvière les cinq verrières des Royautés de la Sainte Vierge. Elle a été exécutée sous sa direction par la main très habile de M. Ader, peintre-verrier. » NDLR : (*1) Il s’agit de la rose supérieure. A droite, la famille : des femmes avec leurs enfants. Devant, sur un prie-dieu, on a longtemps pensé qu’il s’agissait de Mme de Servient, mais en réalité, il s’agit d’une autre dame, bienfaitrice de la paroisse.

Vitrail de la Présence réelle :

Le vitrail de l’Adoration a été posé en juin 1910. Au Sacrifice, la dominante est le rouge orangé sur fond bleu sombre. A l’Adoration qui donne sur le soleil levant, la dominante est le jaune or sur fond nacré. En haut, dans un nimbe enrichi de pierreries, le Christ est assis enveloppé d’un manteau d’or. Il est couronné. Il porte le sceptre. A sa droite : la Vierge, Saint Jean Baptiste, Saint Paul. A sa gauche : Saint Joseph, Saint Pierre et le curé d’Ars. Tous l’adorent. Sur terre, le Christ est adoré par des membres des confréries de la Sainte Vierge et du Saint Sacrement, priant autour de l’ostensoir qui brille au milieu des blanches fumées de l’encens qu’offre, agenouillé, un prêtre vêtu de la chape.

Vitrail de la Communion

La troisième et dernière verrière a été posée en mai 1911. La communion est distribuée par un prêtre aux fidèles, pendant que, dans le ciel, le Divin, les bras étendus, béatifie les élus. La rose supérieure figure un pélican, symbole qu’on retrouve au sommet de la cathédrale de Bourges, par exemple. La mère pélican, lorsqu’elle manque de nourriture pour ses enfants, se déchire la poitrine de sorte que des gouttes de son sang nourrissent ses enfants. C’est donc l’image du Christ le jour de la Crucifixion. Si le coq est l’emblème du Christ ressuscité, le pélican est alors l’emblème du Christ eucharistique.

Les vitraux des chapelle

A droite du transept, la chapelle de la Vierge est éclairée par un vitrail représentant l’Assomption, don de Mme Faye. A gauche du transept, la chapelle dédiée à Saint Joseph est illuminée par un vitrail représentant la Sainte Famille, don de Mme Desrayaux. Le vitrail de la Sainte Famille présente deux scènes, l’une terreste et l’autre céleste. Dans les cieux, les anges entourent la Sainte Famille et deux d’entre eux leur jouent de la musique. Sur terre, on voit un petit enfant entouré de ses parents et de ses grands-parent. Les parents ont très certainement les traits des donateurs du vitrail. On remarque qu’ils ne regardent pas leur enfant, mais qu’ils ont le regard tourné vers celui qui est au ciel. Une hypothèse pourrait expliquer cela. L’enfant terrestre serait en réalité mort en bas-âge, et ses parents, en posture de prière, sollicitent l’intercession de la Sainte Famille pour son âme et pour eux. Les grands-parents, en revanche, assurent une présence familiale terrestre, avec leur regard tourné vers l’enfant terrestre.

La rose de l’Agneau Vainqueur

A midi solaire, la rose de l’Agneau Vainqueur, située plein sud en hauteur à l’entrée de la nef, chante la gloire de celui qui n’ouvre pas la bouche tout en étant conduit à l’abattoir. Le vitrail présente l’Agneau immaculé triomphant sur l’autel où se dresse une croix rouge du sang versé. Un soleil glorieux est représenté, illuminant la scène de l’arrière. Le tout est complété de neuf anges dans les cieux, et de sept candélabres sur la terre : tout proclame la grandeur de la victoire du Christ. Ce motif est à lier avec celui du maître-autel, où l’Agneau sacrifié voit son sang versé à flot, mais aussi au vitrail du Sacrifice qui fait face à la rosace, dans l’abside. Les neuf anges sont probablement le signe des neuf chœurs des anges selon l’usage apparu depuis Saint Ambroise (évêque de Milan au IVe siècle) : Anges, Archanges, Chérubins, Dominations, Principautés, Puissances, Séraphins, Trônes, Vertus. Les sept candélabres sont les sept Eglises citées dans le livre de l’Apocalypse (Ap 1, 20) : Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée, qui désignent désormais l’Eglise universelle.

L’orgue du Saint Sacrement

En 1913, un don important permet à l’abbé Antoine RAMBAUD de réaliser un projet qu’il avait depuis longtemps : celui de doter l’église d’un orgue. Les travaux pour l’aménagement de l’orgue dans le clocher occupèrent l’été et l’automne 1913. L’instrument lui-même fut construit en 1913-1914 par la Manufacture d’orgue MERKLIN et KUHN, de la rue Vendôme à Lyon, mettant en œuvre le brevet, déposé en 1881, par SCHMOELE et MOLS, ingénieurs à Anvers. La pose de l’orgue se fit pendant les mois d’hiver et l’inauguration solennelle en fut faite le dimanche 8 mars 1914 par le cardinal SEVIN. Sur cet orgue, un prestigieux organiste lyonnais, Marcel PEHU, fit ses débuts en 1927 à l’âge de 23 ans. Il resta 14 ans au Saint Sacrement et cette période marqua l’essor de sa carrière d’organiste. De nombreuses pièces ont été composées spécialement pour cet orgue de 1927 à 1941. Les jeux L’orgue du Saint Sacrement compte 22 jeux : Grand – Orgue : (8 jeux et 56 notes) Bourdon (16 pieds) – Bourdon (8 pieds) – Montre (8 pieds) Flûte harmonique (8 pieds) – Salicional (8 pieds) – Prestant (4 pieds) Fourniture 3 rangs – Trompette (8 pieds) Récit : (10 jeux et 56 notes) Cor de nuit (8 pieds) – Flûte harmonique (8 pieds) – Gambe (8 pieds) Voix céleste (8 pieds) – Flûte octaviante (4 pieds) – Doublette (2 pieds) Basson (16 pieds) – Basson Hautbois (8 pieds) Trompette (8 pieds) – Clairon (4 pieds) Pédalier : (4 jeux et 30 notes) Contrebasse (16 pieds) – Soubasse (16 pieds) – Basse (8 pieds) Violoncelle (8 pieds) Jeux de 2 pieds : Octavin (récit) Jeux de 4 pieds : Flûte octaviante (R) – Clairon (R) – Prestant (G-O) Jeux de 8 pieds : Voix céleste (R) – Gambe (R) – Cor de nuit (R) – Flûte traversière (R) Basson Hautbois (R) – Trompette harmonique (R) – Salicional (G-O) Bourdon (G-O) – Flûte harmonique (G-O) – Montre (G-O) Trompette (G-O) – Violoncelle (Ped.) – Bourdon (Ped.) Jeux de 16 pieds : Basson (R) – Bourdon (G-O) – Contrebasse (Ped.) Soubasse (Ped.)

– L’église du saint sacrement de Lyon – Architecture : Sainte-Marie Perrin ; Vitraux : Georges Décôte et Emile Ader Claude Senac, Roland Chenat Patrick Le Gal (Préfacier), Gérald Gambier (Photographe), Jean-Michel Crassier (Photographe) Editions la Taillanderie Etroitement enserrée dans le bâti urbain, l’église du Saint-Sacrement dissimule ses merveilles au sein d’une architecture inspirée par la majesté du gothique et sublimée par de somptueux vitraux. Cette œuvre d’art est due aux talents conjugués de Sainte-Marie Perrin, architecte, Georges Décôte, dessinateur, et Emile Ader, verrier, dont la complicité sans égale a donné naissance à l’une des plus belles églises lyonnaises de cette époque. La lumière se joue des mille et une facettes colorées des immenses verrières et met en valeur une statuaire éclectique et un mobilier, dont l’orgue, signé  » Michel Merklin et Kuhn « , est la pièce maîtresse. Instrument fascinant, puisque l’essentiel de ses composants est invisible, il déploie la richesse de ses harmonies dans un vaisseau qui les magnifie. Il ne reste au visiteur qu’à franchir le porche qui donne accès à la nef et au choeur et à découvrir les subtilités de l’édifice dû à l’initiative audacieuse de l’abbé Pierre-Antoine Bridet, fondateur de la paroisse du Saint-Sacrement. – SAINT SACREMENT. 1899-1999: CENTENAIRE DE LA POSE DE LA PREMIERE PIERRE Préface par Gérard Collomb, prêtre. Photos : Louis F. Lacroux. C.E. Imprimeries – Lyon 6 – Histoire des églises de Lyon Louis Jacquemin Préface de Monseigneur Decourtray, Archevêque de Lyon Élie Bellier – Éditeur